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Femme aux yeux fermés, la main sur la tempe, entourée de quatre silhouettes de têtes douloureuses
Symptômes

Les types de migraine : avec aura, sans aura, chronique, vestibulaire…

Par Laurine Nicoletti11 min

Tu as entendu parler de migraine « avec aura », « ophtalmique », « chronique » ou « vestibulaire », et tu ne sais plus très bien qui est qui. Ou bien ton médecin a prononcé un de ces mots et tu n'as pas osé demander ce qu'il voulait dire. C'est normal : les types de migraine forment un vocabulaire riche, et les mêmes crises peuvent être décrites de plusieurs façons.

Bonne nouvelle : les types de migraine se rangent en fait selon quelques grandes questions simples. Ton mal de tête est-il précédé de signes neurologiques ? À quelle fréquence arrive-t-il ? Est-ce que le vertige tient la vedette ? Cet article te propose une carte pour te repérer, avec un lien vers un article détaillé pour chaque forme. Pour une vue d'ensemble du sujet, tu peux aussi passer par notre page Les symptômes de la migraine.

En bref

  • Il existe deux grandes familles de crises : la migraine sans aura (la plus fréquente) et la migraine avec aura, précédée de signes neurologiques passagers, d'après l'Inserm.
  • Une autre façon de classer, c'est la fréquence : en dessous de 15 jours de maux de tête par mois, on parle de migraine épisodique, au-delà de migraine chronique, selon la Haute Autorité de santé.
  • La migraine vestibulaire est une forme où les vertiges dominent, et seul un médecin peut la reconnaître.
  • Les formes rares (hémiplégique, du tronc cérébral, rétinienne) existent, mais elles ne concernent qu'une minorité de personnes migraineuses.

Comment les migraines sont-elles classées ?

Les migraines sont classées selon la présence ou non d'une aura, la fréquence des crises et quelques symptômes particuliers. Il n'existe pas « une » migraine, mais une famille de formes qui partagent un point commun : des crises de mal de tête avec des symptômes associés, séparées par des périodes sans douleur.

Les médecins s'appuient sur une classification internationale des céphalées, qui distingue notamment la migraine sans aura, la migraine avec aura typique, la migraine avec aura du tronc cérébral, la migraine hémiplégique, la migraine rétinienne et la migraine chronique, comme le détaille cette page de classification destinée aux professionnels de santé. Pas besoin de tout retenir : l'idée est surtout de savoir dans quelle case tu te reconnais.

Un point rassurant : d'après la Haute Autorité de santé, la migraine sans aura et la migraine avec aura typique représentent plus de 90 % des formes cliniques. Les autres formes sont rarement rencontrées.

Si certains mots te perdent, le glossaire de la migraine les explique simplement.

Migraine sans aura : la forme la plus courante

La migraine sans aura est la forme la plus fréquente : la douleur arrive directement, sans signes neurologiques avant elle. D'après l'Inserm, c'est le type de migraine le plus répandu.

Le tableau classique, c'est un mal de tête souvent d'un seul côté, qui bat comme un pouls, avec parfois des nausées et une gêne face à la lumière ou au bruit. L'Assurance maladie décrit une migraine comme un mal de tête pulsatile, unilatéral, souvent accompagné de nausées, qui survient par crises. Sans traitement, une crise dure le plus souvent quelques heures, puis la douleur disparaît jusqu'à l'épisode suivant.

Tu veux le détail des symptômes et la différence avec la forme à aura ? Il y a un article dédié : migraine sans aura : symptômes, durée et différences. Et pour la durée d'une crise, c'est par ici : combien de temps dure une migraine ?

Migraine avec aura : quand des signes précèdent la douleur

La migraine avec aura, c'est une migraine où des troubles neurologiques passagers apparaissent avant (ou pendant) le mal de tête. Selon l'Inserm, elle représente environ 15 % des migraines.

L'aura s'installe en quelques minutes et peut durer de 30 minutes à une heure, d'après l'Assurance maladie. Les signes les plus fréquents sont visuels : points lumineux, taches colorées, vision déformée ou floue, perte d'une partie du champ de vision. Elle peut aussi se manifester par des picotements dans les doigts ou les lèvres, des difficultés de langage ou des troubles de l'équilibre.

Une aura peut faire peur la première fois, surtout si les mots te manquent ou si ta vision change. Si elle apparaît pour la première fois ou si elle te semble inhabituelle, parles-en à un professionnel de santé. Pour savoir quand consulter en urgence, tu peux lire mal de tête : quand aller aux urgences et quand attendre.

Pour tout comprendre des étapes, des signes et de leur déroulement, rendez-vous sur migraine avec aura : comprendre les signes avant la crise.

Et la migraine « ophtalmique » ?

« Migraine ophtalmique » est le mot du quotidien, mais il recouvre deux réalités différentes. Souvent, il désigne simplement une aura visuelle, c'est-à-dire des éclairs ou des zigzags dans les deux yeux. Plus rarement, il s'agit de la migraine rétinienne, où la perte de vision touche un seul œil.

La différence est que l'aura visuelle classique est liée au cerveau et touche les deux yeux, alors que la migraine rétinienne se limite à un œil, comme l'explique cette fiche pour professionnels. Si un seul œil est touché, c'est un signe à faire examiner rapidement par un médecin. Notre article migraine ophtalmique : tout comprendre fait le tri entre ces deux situations.

L'aura sans mal de tête

Il arrive que l'aura se présente seule. Selon les critères de classification, on parle d'aura sans céphalée quand les signes typiques surviennent, mais qu'aucun mal de tête ne leur succède, comme l'indique cette fiche de classification. Cela reste une forme de migraine, même si la douleur est absente.

Migraine épisodique ou chronique : une question de fréquence

La différence entre migraine épisodique et migraine chronique tient uniquement à la fréquence des maux de tête. Selon la HAS, les personnes qui ont moins de 15 jours de céphalées par mois ont une migraine épisodique, et au-delà, on parle de migraine chronique.

La définition complète est un peu plus précise : au moins 15 jours de maux de tête par mois pendant plus de trois mois, dont au moins 8 jours qui ont les caractéristiques d'une migraine (cette définition figure notamment dans les avis de la HAS sur les traitements de la migraine chronique). L'Inserm souligne que, sous cette forme chronique, les migraines deviennent persistantes et altèrent nettement la qualité de vie.

Une migraine épisodique peut parfois évoluer vers une forme chronique. Parmi les facteurs en cause, la prise trop fréquente d'antidouleurs : la Société française d'études des migraines et céphalées explique qu'une céphalée chronique quotidienne est un mal de tête d'abord épisodique, migraine ou céphalée de tension, qui a évolué, notamment dans un contexte d'abus de médicaments. Si tu prends souvent des médicaments contre la douleur, c'est un sujet à aborder avec ton médecin, sans changer quoi que ce soit toute seule.

Pour les maux de tête présents presque tous les jours, voici l'article pourquoi j'ai mal à la tête tous les jours ?. Si ta migraine est fréquente, sache aussi qu'il existe des traitements de fond que ton médecin peut te présenter, comme les anti-CGRP ou le Botox dans la migraine chronique.

La migraine vestibulaire : quand les vertiges dominent

La migraine vestibulaire est une forme où les crises de vertiges tiennent une place centrale, parfois avec peu ou pas de mal de tête. Le mot « vestibulaire » renvoie à l'équilibre, géré en partie par l'oreille interne. Elle s'accompagne souvent d'autres signes de migraine, comme une sensibilité à la lumière ou au bruit, ou un mal de tête.

Tu l'as compris : on ne peut pas s'autodiagnostiquer ici. Les vertiges ont de nombreuses causes, et seul un médecin peut faire le tri. Les médicaments et approches de prévention étudiés pour cette forme restent à discuter avec lui, car la recherche est encore en construction.

Si tu as des vertiges, que ce soit avec ou sans mal de tête, note quand ils surviennent et ce qui se passe autour. Ces informations aident beaucoup lors de la consultation.

Les formes plus rares : hémiplégique, du tronc cérébral, rétinienne

Certaines formes de migraine sont rares, mais elles existent et ont un nom. Voici les principales, présentées de façon informative.

  • La migraine hémiplégique : l'aura comprend une faiblesse d'un côté du corps. Une forme familiale existe, qui se transmet dans les familles, d'après cette fiche de classification.
  • La migraine avec aura du tronc cérébral (aussi appelée basilaire) : l'aura peut comprendre des vertiges, des bourdonnements d'oreille ou des troubles de l'élocution. L'Inserm cite ces formes parmi les sous-types rares de la migraine avec aura.
  • La migraine rétinienne : des troubles visuels touchent un seul œil (voir plus haut).

Si ces mots te parlent parce que ta famille compte plusieurs personnes migraineuses, tu peux lire migraine héréditaire : est-ce génétique ?. Dans tous les cas, des signes neurologiques nouveaux, brutaux ou différents de tes crises habituelles justifient un avis médical, voire les urgences.

Migraine, mal de tête de tension, autres situations : comment s'y retrouver ?

Toutes les douleurs de tête ne sont pas des migraines, et c'est une question à part. Le mal de tête de tension, par exemple, est plus diffus et moins intense, sans les nausées typiques. L'article migraine ou mal de tête : quelle différence ? t'aide à faire la distinction.

Certaines situations méritent aussi leur propre lecture :

Comment savoir quel type de migraine tu as ?

Seul un médecin peut dire de quel type de migraine tu souffres, mais tu peux lui apporter des éléments très utiles. Le diagnostic repose sur ce que tu décris : des crises séparées par des périodes sans douleur, des caractéristiques précises et un examen normal entre les crises, comme le rappelle Vidal. Ton récit compte donc énormément.

Voici ce qu'il est utile de noter, crise après crise :

  • la date, la durée et l'intensité du mal de tête ;
  • les signes avant la douleur (vision, picotements, difficultés à parler) ;
  • les vertiges, les nausées, la gêne face à la lumière ou au bruit ;
  • ce qui précède : sommeil, stress, repas, règles, météo.

Au bout de quelques semaines, un schéma se dessine souvent. Pour aller plus loin, comment identifier les déclencheurs de tes migraines ? te guide pas à pas.

Pour t'y retrouver, retiens l'essentiel

Les types de migraine ne s'excluent pas toujours : tu peux avoir des crises sans aura et, de temps en temps, une crise avec aura. Ta migraine peut aussi passer d'épisodique à plus fréquente selon les périodes de ta vie. Mettre un nom sur ce que tu vis n'est pas une étiquette définitive, c'est un repère pour mieux en parler à ton médecin.

Garde en tête la carte : avec ou sans aura, épisodique ou chronique, avec vertiges ou non, et quelques formes rares. Et si quelque chose te semble inhabituel, consulte plutôt une fois de trop.

Questions fréquentes

Combien y a-t-il de types de migraine ?

Les deux grandes familles sont la migraine sans aura et la migraine avec aura. La classification internationale décrit ensuite plusieurs formes plus rares, comme la migraine hémiplégique, la migraine du tronc cérébral et la migraine rétinienne, ainsi que la migraine chronique. Selon la HAS, les deux premières font plus de 90 % des cas.

Peut-on avoir plusieurs types de migraine à la fois ?

Oui, c'est possible. Une même personne peut avoir des crises sans aura la plupart du temps, et parfois des crises avec aura. La forme peut aussi évoluer au fil des années, notamment lorsque les crises deviennent plus fréquentes.

Une migraine vestibulaire, c'est forcément avec un mal de tête ?

Non, pas forcément. Elle se reconnaît d'abord à des épisodes de vertiges, souvent associés à d'autres signes de migraine. Comme les vertiges ont beaucoup de causes possibles, il faut en parler à un médecin.

La migraine chronique, c'est une migraine plus grave ?

Le mot « chronique » décrit la fréquence, pas une gravité cachée. Il s'applique quand les maux de tête surviennent au moins 15 jours par mois, selon l'Inserm, et qu'ils pèsent sur le quotidien. Des traitements de fond existent, ton médecin peut t'orienter vers celui qui te convient.

Sources

Écrit par Laurine Nicoletti, fondatrice de Mellow, qui vit avec la migraine depuis ses 21 ans. En savoir plus · Comment nous écrivons nos articles

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