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Femme pensive tenant un comprimé, devant un verre d'eau et différents médicaments contre la migraine
Traitements

Médicament migraine crise : antidouleurs, anti-inflammatoires, triptans, comment s'y retrouver

Par Laurine Nicoletti9 min

Tu sens la crise arriver, tu ouvres l'armoire à pharmacie, et là, tu hésites : paracétamol, ibuprofène, ce comprimé que ton médecin t'a prescrit un jour, autre chose ? Entre les noms de molécules, les marques et les conseils contradictoires, difficile de savoir qui sert à quoi. Cet article fait le tour des grandes familles de médicaments de crise de migraine, pour que tu comprennes la logique générale. Il ne remplace pas ton médecin ni ton pharmacien, et tu n'y trouveras volontairement aucune dose.

Pour une vue d'ensemble de tout ce qui existe contre la migraine (traitement de crise, traitement de fond, approches sans médicament), tu peux aussi parcourir notre page Les traitements de la migraine.

En bref

  • Les médicaments de crise se répartissent en quelques familles : antidouleurs simples, anti-inflammatoires, triptans et antinauséeux.
  • Selon l'Assurance maladie, les anti-inflammatoires se prennent le plus tôt possible en début de crise, et les triptans sont réservés aux crises modérées à sévères ou à celles qui résistent au premier traitement.
  • Les médicaments de crise ne doivent pas être pris trop souvent, sous peine d'entretenir des maux de tête : le choix et la fréquence se décident avec un médecin ou un pharmacien.
  • Les opioïdes (codéine, tramadol…) sont déconseillés dans la migraine par les recommandations françaises.

Pourquoi il existe plusieurs médicaments pour une même crise

Il n'y a pas un seul médicament de la migraine, parce que les crises ne se ressemblent pas : légères pour certaines, très intenses pour d'autres, avec ou sans nausées. Les recommandations françaises proposent donc d'adapter le traitement à l'intensité de la crise et à l'efficacité des médicaments lors des crises précédentes, comme le résume Vidal.

Concrètement, on parle de deux grandes approches. D'un côté, les traitements dits « non spécifiques », qui calment la douleur en général (antidouleurs, anti-inflammatoires). De l'autre, les traitements « spécifiques », conçus pour agir sur les mécanismes de la migraine, comme les triptans.

Ce sont des traitements de crise : ils servent à soulager une crise déjà là. Ils sont différents des traitements de fond, qui visent à espacer ou alléger les crises sur la durée, et dont nous parlons plus bas.

Les antidouleurs simples : paracétamol et aspirine

Le paracétamol et l'aspirine font partie des antidouleurs de premier niveau proposés pour les crises légères à modérées. C'est ce que rappelle l'Assurance maladie : les traitements non spécifiques de la crise reposent sur des antalgiques de niveau 1, dont le paracétamol, l'aspirine (seule ou associée à un antinauséeux) et les anti-inflammatoires.

Il faut toutefois rester réaliste sur leur efficacité. D'après Vidal, le paracétamol est bien moins efficace que les anti-inflammatoires et les triptans, même s'il peut avoir un intérêt sur les crises les moins intenses.

Si tu t'es déjà demandé pourquoi « le Doliprane ne fait rien » sur certaines de tes crises, c'est une réponse possible : il n'est pas toujours à la hauteur d'une vraie crise de migraine. Ça ne veut pas dire que tu fais quelque chose de travers, et c'est une bonne raison d'en parler à ton médecin.

Les anti-inflammatoires : un premier choix fréquent

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont des médicaments de crise de première intention, à prendre le plus tôt possible une fois la crise installée. Selon l'Assurance maladie, ils doivent être pris en début de crise. Les AINS cités comme recommandés dans la migraine sont l'ibuprofène, le kétoprofène et le naproxène.

Ce « le plus tôt possible » compte : un médicament pris quand la douleur est déjà très forte a souvent moins de chances de bien agir. C'est d'ailleurs une bonne raison de repérer tes signes annonciateurs, comme on l'explique dans notre article sur la migraine avec aura.

Les anti-inflammatoires ne conviennent pas à tout le monde (estomac fragile, certaines maladies, grossesse, autres traitements en cours…). C'est précisément le genre de vérification que fait ton médecin ou ton pharmacien avant de te conseiller une molécule.

Les triptans : les médicaments spécifiques de la migraine

Les triptans sont des médicaments conçus spécialement pour les crises de migraine, que le médecin peut prescrire quand les crises sont modérées à sévères ou quand le premier traitement ne suffit pas. L'Assurance maladie les décrit comme une famille de médicaments qui réduit la dilatation des vaisseaux sanguins du cerveau, impliquée dans la douleur de la migraine.

Leur intérêt va au-delà de la douleur : Vidal indique que tous les triptans ont fait la preuve de leur efficacité sur le mal de tête et sur les symptômes associés, comme les nausées, les vomissements et la gêne à la lumière et au bruit.

Les recommandations évoquent aussi des stratégies d'association. Il est ainsi recommandé, en cas de crise qui résiste à un triptan seul ou si la douleur revient, que le médecin envisage d'associer un triptan et un anti-inflammatoire. Cette décision est médicale : ne combine jamais des médicaments de ton propre chef.

Un point important : les triptans ont des contre-indications. L'Assurance maladie précise que le médecin vérifie l'absence de problème cardiovasculaire (angine de poitrine, antécédent d'accident vasculaire cérébral, hypertension mal contrôlée). Pour tout comprendre sur cette famille, on a consacré un article entier aux triptans.

Et quand les nausées compliquent tout ?

Quand la crise s'accompagne de nausées ou de vomissements, le médecin peut ajouter un antinauséeux, qui sert aussi à mieux supporter la prise des autres médicaments. Les recommandations proposent le métoclopramide, par voie orale ou injectable, pour les crises avec nausées ou vomissements invalidants, selon Vidal. Il existe aussi des associations d'aspirine et d'un antinauséeux, comme le mentionne l'Assurance maladie.

Les nausées sont un symptôme à part entière de la migraine, pas seulement un « effet secondaire ». Si c'est ce qui te pèse le plus, nous avons détaillé le sujet dans Migraine, nausées et vomissements.

Là encore, c'est un traitement à discuter avec un professionnel de santé : certains antinauséeux ont leurs propres précautions d'emploi.

Les médicaments à éviter ou à utiliser avec prudence

Les opioïdes, comme la codéine ou le tramadol, sont déconseillés dans la migraine. Les recommandations de la SFEMC (Société française d'étude des migraines et céphalées) invitent à les éviter, seuls ou en association, à cause du risque de surconsommation et de dépendance.

Si ton antidouleur habituel contient de la codéine, ça vaut le coup de poser la question à ton pharmacien ou à ton médecin plutôt que d'arrêter ou de changer par toi-même.

Il y a aussi un piège plus discret : prendre des médicaments de crise trop souvent. Pris trop fréquemment, ils peuvent finir par entretenir des maux de tête, ce qu'on appelle une céphalée par abus médicamenteux. Vidal rappelle qu'il ne faut pas dépasser 8 jours de traitement de crise par mois pour limiter ce risque.

Si tu te reconnais là-dedans (tu prends quelque chose presque tous les jours), ne culpabilise pas : c'est très courant, et ça se prend en charge. Notre article Pourquoi j'ai mal à la tête tous les jours ? t'aide à y voir plus clair.

Médicaments de crise et traitement de fond : quelle différence ?

Un traitement de crise soulage une crise en cours, alors qu'un traitement de fond cherche à réduire la fréquence ou l'intensité des crises futures. Si tes crises sont fréquentes, très gênantes ou mal soulagées, ton médecin peut te proposer un traitement de fond, ce qui est une autre conversation que celle du comprimé du moment.

Parmi les options plus récentes, on trouve par exemple les anti-CGRP, qui ciblent une molécule impliquée dans la migraine : tout est expliqué dans Anti-CGRP et migraine. Ils relèvent d'une prescription médicale spécialisée.

À l'inverse, certaines pistes ne passent pas par les médicaments. Elles ne remplacent pas un traitement quand il est nécessaire, mais elles peuvent le compléter : on les détaille dans Comment soulager une migraine sans médicament.

Comment préparer la discussion avec ton médecin ou ton pharmacien

Pour bien choisir un médicament de crise, ton médecin a besoin de savoir comment se passent tes crises et ce qui a déjà marché ou non. Tu peux arriver avec quelques repères simples :

  • la fréquence de tes crises et leur durée habituelle ;
  • leur intensité, et si elles te forcent à t'allonger ou à arrêter ce que tu fais ;
  • ce que tu as déjà pris, à quel moment de la crise, et ce que ça a changé ;
  • les symptômes associés (nausées, aura, sensibilité à la lumière) ;
  • tes antécédents et tes autres traitements, y compris la pilule.

Un carnet bien tenu rend tout ça beaucoup plus facile, et on t'explique comment faire dans Carnet de migraine : quoi noter. Si tu ne sais pas vers qui te tourner, l'article Migraine : quel médecin consulter peut t'aider.

Conclusion

Pour s'y retrouver dans les médicaments de crise de migraine, retiens la logique : des antidouleurs et anti-inflammatoires pour les crises légères à modérées, des triptans pour les crises plus fortes ou rebelles, un antinauséeux si besoin, et une vigilance sur la fréquence de prise. Chaque famille a ses avantages, ses limites et ses contre-indications, d'où l'intérêt d'un avis professionnel.

Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse universelle : le bon traitement est celui qui est adapté à toi, vérifié par un médecin ou un pharmacien, et réévalué si tes crises changent. Si tu te sens démunie face à tes crises, c'est une raison suffisante pour prendre rendez-vous.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur médicament pour une crise de migraine ?

Il n'y a pas de meilleur médicament pour tout le monde : le choix dépend de l'intensité de tes crises, de ce qui a déjà fonctionné et de ton état de santé. Les recommandations françaises prévoient en général un anti-inflammatoire pour une crise légère et un triptan pour une crise sévère, mais c'est ton médecin qui décide avec toi.

Peut-on prendre un triptan sans ordonnance ?

Les triptans sont des médicaments pour lesquels le médecin vérifie les contre-indications, notamment cardiovasculaires, avant de prescrire, comme l'explique l'Assurance maladie. Pour savoir ce qui est accessible dans ta situation, demande conseil à ton pharmacien ou à ton médecin.

Pourquoi mon antidouleur habituel ne marche-t-il plus sur mes migraines ?

Le paracétamol est moins efficace que les anti-inflammatoires et les triptans sur une vraie crise de migraine, selon Vidal. Si tes crises ne sont plus soulagées, ou si tu prends des médicaments très souvent, parles-en à ton médecin plutôt que de changer toi-même.

Peut-on prendre des médicaments de crise tous les jours ?

Non, ce n'est pas recommandé : pris trop souvent, ils peuvent entretenir les maux de tête. Les recommandations citées par Vidal évoquent de ne pas dépasser 8 jours de traitement par mois, et ton médecin peut te proposer une autre stratégie si tu y arrives régulièrement.

Sources

Écrit par Laurine Nicoletti, fondatrice de Mellow, qui vit avec la migraine depuis ses 21 ans. En savoir plus · Comment nous écrivons nos articles

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